Le crédit immobilier sur 50 ans arrive sur le marché français

Grâce à un partenariat avec la banque espagnole Kutxa, le courtier en prêts immobiliers Cafpi distribue sur le territoire français des crédits sur une durée de 50 ans. Cette initiative s'adresse surtout aux emprunteurs à profil atypique.

 
A force de voir les prix des logements s'envoler depuis 1998, les ménages n'ont plus les moyens de suivre. Les établissements de crédit ont trouvé la parade : rien de tel qu'un allongement de durée de prêt pour solvabiliser une clientèle qui, dans les conditions habituelles, ne peut pas accéder à la propriété.

Cette méthode fait recette depuis plusieurs années. La durée moyenne de crédit immobilier est ainsi passée de 12 ans en 1995 à 19 ans en 2006. Et ce n'est pas fini. Le courtier en prêts immobiliers Cafpi va distribuer des crédits s'étalant sur une durée de 50 années, grâce au partenariat avec la banque espagnol Kutxa dont le siège est situé à Donostia-San Sebastian.

"Le département Crédit pour tous répond à la demande d'emprunteurs à profil atypique en élargissant les critères bancaires de recevabilité" souligne le courtier, "jeunes avec un contrat de travail précaire, personnes non assurables ou avec des difficultés financières ponctuelles mais apportant des garanties".

Concrètement, pour une mensualité de remboursement de 1.000 euros, un particulier peut emprunter 165.000 euros sur 20 ans (à taux fixe de 4,05 % hors assurance), 195.000 euros sur 30 ans (avec un taux fixe de 4,60 %) et enfin 225.000 euros sur 50 ans (mais à un taux révisable non capé de 4,90 %). Soit un accroissement de sa capacité d'emprunt de 36 % dans cet exemple précis.

Mais le coût de crédit, à la charge de l'emprunteur, est nettement plus élevé quand la durée du prêt augmente. D'autant que ce prêt est assorti d'un taux révisable, suivant l'évolution des taux d'intérêt court terme (Euribor 1 an + une marge de 0,9 %).

En résumé, si l'arrivée de l'endettement sur très longue durée est une bonne nouvelle pour le monde bancaire, elle l'est beaucoup moins pour les ménages français.

Nathalie Avril

Revenir à la page précédente