Les seniors accèdent enfin au crédit

les banques se battent désormais pour attirer cette clientèle de propriétaires

Les réticences tombent. Traditionnellement très prudentes à l'idée de faire crédit aux seniors, les banques se battent désormais pour attirer cette clientèle de propriétaires. Etat des lieux.
 

A fin novembre, seuls 22,3% des ménages dont le chef de ménage avait plus de soixante-cinq ans détenaient un crédit, selon l'Observatoire de l'endettement des ménages. Cette part tombe à 4,6% quand il s'agit de crédit immobilier et à 2,5% lorsque s'y ajoute un prêt à la consommation.

En juin, le Crédit Foncier s'était lancé le premier, profitant des possibilités offertes par la nouvelle loi sur le prêt viager hypothécaire permettant d'emprunter sur la valeur de son logement. Depuis la semaine dernière, il vient d'être rejoint par le Crédit Immobilier de France. Les Caisses d'Epargne vont lui emboîter le pas. Quant à BNP Paribas, il étudie la question au sein de sa filiale dédiée UCB.

Le point commun de ces nouvelles offres, actuelles ou à venir: accepter la valeur du logement dans le calcul de solvabilité de l'emprunteur, là où jusqu'à présent les prêteurs français ne prenaient en compte que les revenus de l'emprunteur. Avec l'offre CIF, c'est même une école dissidente à celle du Crédit Foncier qui émerge. "Les montants accordés au titre du prêt viager hypothécaire sont assez décevants, surtout pour les "jeunes" seniors et seuls les plus de soixante-dix ans peuvent le demander", a estimé le CIF. Sa nouvelle offre repose sur l'ajout, en plus d'une garantie hypothécaire, d'une garantie par caution attribuée par la CNP. Celle-ci vient se substituer à l'assurance-décès traditionnellement exigée par les banques et qui, de fait, était refusée à la plupart des personnes âgées. Or, le principal frein au crédit aux personnes âgées était, note le rapport Vorms Taffin, le refus des banques de "renoncer au confort et à la rémunération que leur apporte l'assurance décès-invalidité", qui peut représenter jusqu'à la moitié de la prime acquittée par l'emprunteur. A l'offre du CIF, proposée à un taux compris entre 5% et 6%, s'ajoutera 1% du montant du prêt au titre du coût de la caution.

Des emprunteurs de tout âge pourront prétendre au "prêt hypothécaire cautionné" du CIF, pour des montants autour de 50.000euros dans le cadre d'un projet immobilier ou à la consommation.

De son côté, le Crédit Foncier, spécialiste du crédit immobilier des Caisses d'Epargne, propose un crédit à 8,5% pour 34% environ de la valeur du bien d'un emprunteur de soixante quinze ans. Il vise 200 à 250dossiers d'ici la fin de l'année, pour un montant de prêt moyen de 100.000euros à des seniors de soixante quinze ans propriétaires de biens d'environ 300.000euros. Les deux principaux motifs de demande concernent le financement d'une résidence médicalisée ou de travaux dans le logement. Le CIF, lui, ne s'est fixé aucun objectif.

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