Record de ventes de logements neufs en 2006

Record de ventes de logements neufs en 2006

126.300logements neufs ont été vendus en France l'an dernier, soit une progression de 3,9%.

Pour la première fois depuis 1985, il s'est vendu l'an dernier 126.300logements neufs en France, selon des statistiques publiées hier par le ministère de l'Equipement. Ce niveau record de transactions s'accompagne toutefois de deux signaux qui devraient alerter les promoteurs immobiliers. D'une part, l'augmentation (+3,9% par rapport à 2005) est deux fois plus faible qu'entre 2004 et 2005 (+8,3%). D'autre part, les stocks repartent à la hausse, les mises en vente étant nettement supérieures aux ventes. "Sur l'ensemble de l'année 2006, les mises en vente ont été de 150.400, niveau jamais égalé et supérieur de 12% à celles de 2005", souligne en effet l'étude. En conséquence, de fin décembre 2005 à fin décembre 2006, le stock de logements neufs disponibles à la vente a gonflé à 79.000unités. Or, "il faut remonter au deuxième trimestre de 1995 pour trouver un niveau (...) au moins aussi important".

Ce décalage entre l'offre et la demande a d'ores et déjà eu pour effet de faire passer de cinq à six mois en 2006 le délai moyen d'écoulement des stocks dans le logement collectif. Pour les promoteurs, il ne s'agit pas encore là d'un délai trop inquiétant, précurseur d'un retournement du marché de l'immobilier. Ils ont cependant commencé à réagir: alors que le prix moyen du mètre carré des appartements neufs avait progressé sur un an de 8,6% en 2004 et de 11% en 2005, la hausse est revenue à 7,8% l'an dernier, à 3.137euros.

Recul des ventes de maisons individuelles

Dans le détail, les statistiques montrent une bonne tenue de la commercialisation des immeubles collectifs et un net recul pour les maisons individuelles. Concernant les appartements, près de 110.000 ont été vendus l'an dernier, soit 6,6% de plus qu'en 2005, et 130.800 commercialisés, soit une progression de 14%. Selon l'étude, "les ventes de tous les types d'unités ont progressé à l'exception de celles des quatre-pièces ou plus, qui sont restées pratiquement stables", signe évident de la difficulté grandissante des accédants à acheter de la surface compte tenu du prix du mètre carré. Dans la maison individuelle en revanche, les ventes ont reculé de 11%, à 16.500unités, la baisse la plus forte (-14%) touchant les maisons de quatre pièces et moins. Dans le même temps, les mises en vente ont progressé de 4,1%, faisant passer de six à huit mois le délai d'écoulement des stocks.

Investissement locatif : deux nouveaux coups de pouce pour les bailleurs

La revalorisation des aides au logement et l'élargissement du dispositif "Borloo ancien" aux baux en cours devraient améliorer l'attractivité de ce type deplacement immobilier.

Passées relativement inaperçues dans la loi instituant le droit au logement opposable publiée au Journal Officiel du 6 mars, deux dispositions devraient sécuriser les propriétaires-bailleurs.

La revalorisation des aides au logement.A partir du ler janvier 2008, elle s'effectuera automatiquement chaque année en fonction de l'évolution de l'indice de référence des loyers (IRL). Concrètement cette mesure concerne toutes les aides permettant à leurs bénéficiaires de réduire leurs dépenses de logement : allocation de logement à caractère social (ALS) ou allocation logement à caractère familiale (ALF) ou encore aide personnalisée au logement (APL).

La possibilité de conventionner le logement en cours de bail.En fait, en prenant cette initiativelors du renouvellement du bail avec un locataire en place, les bailleurs pourront bénéficier dans le cadre du régime Borloo ancien, de la déduction spécifique de 30% ou 45% des revenus fonciers, prévue en cas de conventionnement sans travaux. Encore faut-il respecter à la foisles plafondsde loyer et ceux de revenus du locataire, prévus par ces dispositifs.

Jusqu'à maintenant le régime du "Borloo ancien"n'était ouvert qu'à la location de logements anciens vacants. Son extension aux baux en cours permettra aux ménages aux revenus modestes, voire très modestes, derester en place, selon la FNAIM (fédération des agents immobiliers). Quant au relatif manque à gagner lié au plafonnement des loyers, il est appelé à être relativementcompensé par l'abattement forfaitaire de 30% ou 45% s'appliquant sur lesdits loyers.

Martine Denoune
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