Fiscalité auto entrepreneur 2026 : impôt, TVA et Urssaf

La fiscalité auto entrepreneur tient en une idée simple : on ne déclare pas un bénéfice, on déclare un chiffre d’affaires. Le fisc applique ensuite un abattement forfaitaire censé couvrir vos frais, et l’Urssaf prélève un pourcentage de ce même chiffre d’affaires. Deux prélèvements, une seule base, aucune comptabilité lourde.

Cette simplicité a un prix. Vos vraies dépenses ne comptent pas, et le régime peut coûter cher dès que vos charges dépassent le forfait. Ce guide détaille les règles 2026 : abattements, versement libératoire, cotisations, TVA et CFE, avec des calculs chiffrés. Pour situer la micro-entreprise face aux sociétés, voyez aussi comment choisir son statut juridique pour optimiser sa fiscalité.

Seuil services
83 600 €
de chiffre d’affaires en 2026
Abattement BNC
34 %
frais forfaitaires déduits
Libératoire BNC
2,2 %
du chiffre d’affaires
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Comment l’auto-entrepreneur est imposé : le régime micro

L’auto-entrepreneur, appelé micro-entrepreneur depuis 2016, relève d’un régime fiscal dit « micro ». Il est prévu par l’article 50-0 du CGI pour les activités commerciales et artisanales, et par l’article 102 ter pour les professions libérales.

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L’abattement forfaitaire en clair

L’abattement est un pourcentage retiré d’office de votre chiffre d’affaires pour tenir compte de vos frais. Avec 50 % d’abattement, 30 000 € encaissés donnent 15 000 € de revenu imposable, quelles que soient vos dépenses réelles.

Le chiffre d’affaires sert de base, pas le bénéfice

Le chiffre d’affaires est la somme effectivement encaissée sur l’année, hors débours refacturés à l’identique. Une facture émise en décembre mais payée en janvier compte pour l’année suivante. C’est la règle des recettes encaissées, et non des factures émises.

Conséquence directe : vous ne pouvez déduire ni loyer de bureau, ni matériel, ni frais de déplacement. Les cotisations Urssaf ne sont pas déductibles non plus. Un micro-entrepreneur ne constate donc jamais de déficit, c’est-à-dire une perte imputable sur ses autres revenus. Une année à perte reste fiscalement une année avec un revenu positif.

Abattements, seuils et taux 2026 selon l’activité

Trois catégories coexistent. Les BIC (bénéfices industriels et commerciaux) couvrent la vente et les services artisanaux ou commerciaux. Les BNC (bénéfices non commerciaux) couvrent les professions libérales : consultant, formateur, graphiste, développeur. Chaque catégorie a son abattement et son plafond.

ActivitéAbattementSeuil micro 2026LibératoireCotisations
Vente de marchandises, hébergement71 %203 100 €1 %12,3 %
Prestations de services BIC50 %83 600 €1,7 %21,2 %
Professions libérales BNC (SSI)34 %83 600 €2,2 %25,6 %
Libéral relevant de la Cipav34 %83 600 €2,2 %23,2 %

L’abattement ne peut jamais être inférieur à 305 €. Les meublés de tourisme ont des règles à part depuis la loi Le Meur : 50 % d’abattement et 83 600 € de seuil s’ils sont classés, 30 % et 15 000 € s’ils ne le sont pas.

Dépasser les seuils : ce qui se passe vraiment

Le régime micro s’apprécie sur les deux années précédentes. En 2026, il s’applique si le chiffre d’affaires de 2024 ou de 2025 n’a pas dépassé le seuil. Un seul dépassement ne vous fait donc pas sortir. Il faut deux années consécutives au-dessus du plafond pour basculer au régime réel au 1er janvier suivant.

Une activité mixte, par exemple un artisan qui vend et pose, obéit à une double limite. Le total ne doit pas dépasser 203 100 €, et la part de services ne doit pas dépasser 83 600 €. Le passage au réel n’est pas une sanction : il oblige à tenir une comptabilité, mais il permet de déduire les charges réelles.

Barème progressif ou versement libératoire : quelle imposition choisir

Une fois le revenu imposable calculé, deux modes de paiement de l’impôt sont possibles. Le premier est le droit commun, le second une option. Le bon choix dépend de votre foyer fiscal bien plus que de votre activité.

Le barème progressif et le prélèvement à la source

Par défaut, le revenu après abattement s’ajoute aux autres revenus du foyer et subit le barème progressif. Ce barème taxe chaque tranche de revenu à un taux croissant : 0 % jusqu’à 11 600 €, puis 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. Ces seuils sont ceux appliqués en 2026 aux revenus de 2025.

Votre TMI, la tranche marginale d’imposition, est le taux qui frappe le dernier euro gagné. Avec le prélèvement à la source, l’impôt se paie par acomptes mensuels ou trimestriels prélevés sur votre compte. La première année, aucun acompte n’existe faute d’historique : la régularisation arrive l’été suivant. Prévoyez-la en trésorerie.

Le versement libératoire : conditions et taux 2026

Le versement libératoire, prévu à l’article 151-0 du CGI, remplace l’impôt sur le revenu de l’activité par un petit pourcentage du chiffre d’affaires. Il se paie à l’Urssaf, en même temps que les cotisations. Le taux est de 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC et 2,2 % pour les BNC.

L’option est réservée aux foyers modestes. Pour 2026, le revenu fiscal de référence de 2024 ne doit pas dépasser 29 579 € par part de quotient familial. Cela fait 59 158 € pour un couple sans enfant. L’option se demande avant le 30 septembre pour l’année suivante, ou dans les délais de la déclaration de création.

Exemple chiffré : un consultant à 40 000 € puis à 20 000 €

Prenons un consultant célibataire, en BNC, sans autre revenu, éligible au versement libératoire. Il encaisse 40 000 €. Après 34 % d’abattement, son revenu imposable vaut 26 400 €. Au barème, l’impôt brut atteint 1 628 €. La décote, un allègement réservé aux petits impôts, le ramène à environ 1 468 €.

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La comparaison qui tranche

À 40 000 €, le versement libératoire coûte 880 € contre 1 468 € au barème. À 20 000 €, il coûte 440 €, alors que le barème donne 0 € d’impôt grâce à la décote. Plus votre foyer est peu imposé, moins l’option est rentable.

Le piège classique consiste à choisir l’option la première année par réflexe. Si vous n’êtes pas imposable, vous payez un impôt que vous n’auriez pas dû. Autre point méconnu : le revenu soumis au libératoire entre quand même dans votre revenu fiscal de référence, qui conditionne aides sociales et exonérations locales.

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Cotisations sociales : le second prélèvement sur le chiffre d’affaires

L’impôt n’est souvent pas la plus grosse ligne. Les cotisations sociales financent votre retraite, votre santé et vos allocations familiales. Elles se calculent elles aussi sur le chiffre d’affaires brut, sans abattement.

Les taux de cotisations 2026

En 2026, l’Urssaf prélève 12,3 % sur la vente, 21,2 % sur les services BIC et 25,6 % sur les professions libérales non réglementées. Les libéraux affiliés à la Cipav paient 23,2 %. Notre consultant à 40 000 € verse ainsi 10 240 € de cotisations, soit sept fois son impôt.

La déclaration se fait chaque mois ou chaque trimestre sur le site de l’Urssaf, même à zéro. Aucun chiffre d’affaires, aucune cotisation : c’est la vraie force du régime pour une activité qui démarre. Le revers est une protection sociale proportionnelle, donc faible quand le chiffre d’affaires l’est aussi.

L’ACRE divisée par deux depuis juillet 2026

L’ACRE, l’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise, allège les cotisations pendant les douze premiers mois. Jusqu’au 30 juin 2026, elle divisait le taux par deux. Le décret du 6 février 2026, pris pour la loi de financement de la Sécurité sociale, a réduit l’avantage.

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Ce qui change pour les créations récentes

Pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026, l’exonération tombe à 25 %. Elle n’est plus automatique : la demande se fait auprès de l’Urssaf, justificatifs à l’appui, dans les 60 jours.

Sur un an à 40 000 € en libéral, l’écart représente environ 2 560 € de cotisations en plus par rapport à l’ancienne règle. Un budget de lancement construit sur l’ancien taux est donc faux. Refaites vos calculs avec 75 % du taux normal.

TVA et CFE : les deux taxes que l’on oublie

Le micro-entrepreneur n’échappe pas aux taxes sur l’activité. Deux d’entre elles surprennent chaque année : la TVA quand le chiffre d’affaires grimpe, et la cotisation foncière des entreprises dès la deuxième année.

La franchise en base de TVA en 2026

La franchise en base vous dispense de facturer la TVA, en vertu de l’article 293 B du CGI. Vos factures portent alors la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». En 2026, les seuils restent ceux de 2025 : 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services. Le projet de seuil unique à 25 000 € a été abandonné.

Attention, ces seuils ne sont pas ceux du régime micro. Un consultant peut rester micro jusqu’à 83 600 € mais devenir redevable de la TVA dès 37 500 €. Le dépassement du seuil majoré, 41 250 € pour les services, rend la TVA exigible immédiatement. En contrepartie, vous pouvez récupérer la TVA sur vos achats.

La CFE à partir de la deuxième année

La CFE, cotisation foncière des entreprises, est un impôt local dû par toute entreprise au 1er janvier. L’année de création en est exonérée, et la base est réduite de moitié la deuxième année. Un micro-entrepreneur dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 € en est dispensé.

Au-delà, même sans local, vous payez une cotisation minimale fixée par votre commune. Elle va de quelques centaines d’euros à plus d’un millier selon la ville et le chiffre d’affaires. L’avis arrive en novembre, uniquement dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, qu’il faut donc créer.

Quand la micro-entreprise ne vaut plus le coup

Le régime micro est imbattable pour démarrer, tester une idée ou compléter un salaire. Il devient coûteux dans deux situations : des charges réelles supérieures au forfait, et un chiffre d’affaires qui permettrait de mieux arbitrer entre rémunération et épargne.

Des charges réelles plus élevées que l’abattement

Le test est simple : comparez vos frais réels à l’abattement. Un développeur en BNC avec 10 % de frais est gagnant, puisque le fisc lui en accorde 34 %. Un formateur qui loue des salles et voyage beaucoup peut atteindre 50 % de frais : il est imposé sur un revenu qu’il n’a pas gagné.

★ PLUS SIMPLE
Régime micro
  • Pas de comptabilité, un registre des recettes suffit
  • Aucune cotisation si aucun chiffre d’affaires
  • Versement libératoire possible
  • Charges réelles et cotisations non déductibles
OPTION B
Entreprise individuelle au réel
  • Toutes les charges réelles déduites
  • Déficit imputable sur les autres revenus
  • Comptabilité complète, souvent un expert-comptable
  • Cotisations minimales même sans revenu

L’option pour le réel est possible même sous les seuils. Elle vaut pour l’année entière et se reconduit tacitement. Un expert-comptable coûte souvent entre 1 000 € et 2 000 € par an : l’économie d’impôt et de cotisations doit dépasser ce montant.

Passer en société : EURL ou SASU

Au-delà de 50 000 € à 60 000 € de chiffre d’affaires en services, la société mérite souvent un calcul. Elle permet l’impôt sur les sociétés, taxé à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice. Vous choisissez alors ce que vous vous versez et ce que vous laissez dans l’entreprise.

Deux formes reviennent. L’EURL garde un dirigeant indépendant aux cotisations modérées : la fiscalité de l’EURL détaille l’arbitrage entre IR et IS. La SASU rattache le président au régime des salariés, plus cher mais mieux protégé. La fiscalité d’une SASU montre quand les dividendes deviennent rentables.

Dans les deux cas, chiffrez avant de quitter le régime micro. Le gain fiscal disparaît vite sous les frais de création, de comptabilité et de cotisations minimales. Un professionnel peut comparer les trois scénarios sur vos chiffres réels en une séance.

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Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur paie-t-il des impôts dès le premier euro ?

Pas forcément. Au barème progressif, le revenu après abattement s’ajoute à ceux du foyer. Si le total reste sous le seuil d’imposition, l’impôt est nul. Les cotisations sociales, elles, sont dues dès le premier euro encaissé. Avec le versement libératoire, l’impôt est également dû dès le premier euro, ce qui pénalise les foyers non imposables.

Où déclarer son chiffre d’affaires sur la déclaration de revenus ?

Sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO. Sans versement libératoire, le chiffre d’affaires brut va en case 5KO pour la vente, 5KP pour les services BIC et 5HQ pour les BNC. Avec l’option, il va en cases 5TA, 5TB ou 5TE. Vous déclarez le montant brut : l’administration applique elle-même l’abattement.

Peut-on cumuler un salaire et une micro-entreprise ?

Oui, sous réserve de la clause d’exclusivité ou de non-concurrence de votre contrat de travail. Fiscalement, le revenu micro s’ajoute au salaire et subit votre TMI. Un salarié à 30 % de TMI a souvent intérêt au versement libératoire, s’il respecte la condition de revenu fiscal de référence.

Le versement libératoire peut-il être abandonné ?

Oui. La renonciation se fait auprès de l’Urssaf avant le 30 septembre, pour une prise d’effet au 1er janvier suivant. L’option tombe aussi d’office si votre revenu fiscal de référence dépasse le plafond deux ans plus tôt. Vous revenez alors au barème avec des acomptes de prélèvement à la source.

Que se passe-t-il si je dépasse le seuil de TVA en cours d’année ?

Entre le seuil de base et le seuil majoré, vous restez en franchise jusqu’au 31 décembre, puis facturez la TVA dès le 1er janvier. Au-delà du seuil majoré, 93 500 € en vente ou 41 250 € en services, la TVA est due dès l’opération qui fait franchir la limite. Vous restez pour autant micro-entrepreneur.

Les informations présentées sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Consultez un professionnel avant tout choix de statut.