Épargne retraite : défiscalisation des PERP, Madelin et PER 2026

Chercher à défiscaliser son épargne retraite, c’est-à-dire à réduire son impôt en plaçant pour ses vieux jours, mène aujourd’hui à une question précise : que faire des anciens contrats. Le PERP, le contrat Madelin, l’Article 83 et le PERCO ne se souscrivent plus depuis le 1er octobre 2020. Si vous en détenez un, il continue de fonctionner et reste défiscalisant. Le levier fiscal est le même pour presque tous : une déduction de vos versements, pas une remise sur votre impôt. Mais chaque produit cache des règles de sortie très différentes, et c’est là que se jouent les bonnes et les mauvaises décisions.

Plafond salarié
37 094 €
déduction max, versements 2025
Plancher
4 637 €
déduction minimale garantie
Fin souscription
2020
anciens contrats fermés
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Ce que défiscaliser son épargne retraite veut dire (et ne veut pas dire)

Tous les anciens produits retraite partagent une logique d’avantage fiscal à l’entrée, en échange d’un blocage de l’argent jusqu’à la retraite. Comprendre ce mécanisme évite la déception la plus fréquente au moment de chiffrer son gain réel.

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De quoi parle-t-on exactement

La loi PACTE du 22 mai 2019 a créé le PER (Plan d’Épargne Retraite), un produit unique qui a remplacé les quatre anciens dispositifs. Depuis le 1er octobre 2020, plus aucun PERP, Madelin, Article 83 ou PERCO ne peut être ouvert. Les contrats existants se conservent et peuvent encore être alimentés.

Une déduction du revenu, pas une réduction d’impôt

C’est la confusion numéro un. Une réduction d’impôt se soustrait directement de l’impôt dû. Une déduction, elle, baisse le revenu sur lequel l’impôt est calculé. L’épargne retraite fonctionne par déduction. Votre gain dépend donc de votre TMI, la tranche marginale d’imposition, c’est-à-dire le taux qui frappe la dernière part de vos revenus.

Concrètement, un versement de 5 000 € fait économiser 1 500 € à un foyer imposé à 30 %, et 2 050 € à un foyer à 41 %. Pour un contribuable non imposable, l’avantage tombe à zéro. C’est aussi pour cette raison que ces produits entrent dans la famille des placements financiers défiscalisants réservés en pratique aux tranches élevées.

Le plafond de déduction, commun à presque tous les contrats

Les versements sur un PERP, un Article 83 facultatif ou un PER individuel s’imputent sur une même enveloppe annuelle, fixée par l’article 163 quatervicies du CGI. Pour un salarié, elle vaut 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, dans la limite de huit fois le PASS (le plafond annuel de la Sécurité sociale, réévalué chaque année). Cela donne au maximum 37 094 € pour les versements de 2025, et 37 680 € pour ceux de 2026.

Un plancher protège les petits revenus : la déduction ne descend jamais sous 4 637 € (versements 2025). Les travailleurs non salariés disposent d’un plafond plus large, défini par l’article 154 bis du CGI, qui peut grimper jusqu’à environ 87 135 €. Le plafond non utilisé une année se reporte sur les trois suivantes. Vous le retrouvez sur votre avis d’imposition et déclarez vos versements dans les cases 6RS, 6RT et 6RU.

Les quatre anciens dispositifs et leur défiscalisation

Ils se ressemblent à l’entrée mais divergent fortement à la sortie. Le tableau suivant pose les bases avant le détail produit par produit.

DispositifPublicAvantage à l’entréeSortie
PERPTousDéduction du revenuRente, jusqu’à 20 % en capital
MadelinTNSDéduction du bénéficeRente viagère obligatoire
Article 83SalariésCotisations déductiblesRente obligatoire
PERCOSalariésExonération (pas déduction)Capital ou rente, au choix

Le PERP, ouvert à tous mais rigide à la sortie

Le Plan d’Épargne Retraite Populaire s’adressait à tout le monde, salariés comme indépendants. Les versements se déduisent du revenu global dans le plafond commun. La contrepartie tient à la sortie : l’épargne se récupère d’abord en rente viagère, un revenu versé jusqu’au décès. La loi autorise au mieux 20 % du capital en une fois, sauf un cas précis, l’achat d’une première résidence principale, qui ouvre une sortie à 100 %. Le fonctionnement complet figure sur notre fiche dédiée au PERP et ce qu’il en reste.

Le contrat Madelin, réservé aux indépendants

Pensé pour les travailleurs non salariés, le contrat Madelin applique le plafond TNS de l’article 154 bis, souvent plus généreux. Son défaut majeur est l’absence totale de souplesse : la sortie se fait uniquement en rente viagère, sans aucune possibilité de capital. Les détails de calcul et les cas particuliers des gérants majoritaires sont traités dans notre page loi Madelin pour les TNS.

L’Article 83, la retraite d’entreprise obligatoire

L’Article 83 désigne un régime de retraite supplémentaire mis en place par l’employeur, à cotisations définies. Les cotisations obligatoires, salariales et patronales, sont déductibles, mais la sortie se fait en rente sans option capital. Seuls les VIF (versements individuels facultatifs, vos versements personnels libres) peuvent espérer une sortie différente après transfert. Le mécanisme complet est décrit sur la fiche Article 83.

Le PERCO, un cas à part qui ne défiscalise pas vraiment

Le Plan d’Épargne Retraite Collectif relève de l’épargne salariale. Les sommes y entrent par l’intéressement, la participation ou l’abondement de l’employeur, et non par une déduction de votre revenu. À la sortie en capital, ces sommes sont exonérées d’impôt sur le revenu, seules les plus-values supportent les prélèvements sociaux de 17,2 %. L’avantage prend donc la forme d’une non-imposition, pas d’une déduction. Le détail figure sur notre page PERCO et sa fiscalité.

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Conserver ses anciens contrats ou les transférer vers un PER ?

C’est la vraie décision qui reste ouverte en 2026. Le transfert vers un PER est possible à tout moment, sans date limite, mais il n’est pas toujours gagnant. Voici les deux logiques en présence.

OPTION A
Conserver l’ancien contrat
  • Aucun frais ni démarche
  • Garanties de rente parfois figées à un taux ancien favorable
  • Sortie en capital impossible ou très limitée
★ PLUS SOUPLE
Transférer vers un PER
  • Sortie en capital, en rente ou les deux
  • Clause bénéficiaire libre au décès
  • Frais de transfert possibles sur contrats récents

Quand le transfert vers un PER a du sens

Le PER apporte ce qui manquait aux anciens produits : le choix de sortir en capital, libre et fractionnable. Le transfert préserve l’antériorité fiscale, c’est-à-dire l’ancienneté acquise sur le contrat. Les frais sont plafonnés : 1 % du capital si le contrat a moins de cinq ans, 0 % au-delà. Au décès, la clause bénéficiaire d’un PER permet de transmettre à qui vous voulez, là où un PERP ou un Madelin reversait automatiquement une rente au conjoint.

Quand garder l’ancien contrat reste pertinent

Certains vieux contrats garantissent une table de mortalité ancienne, donc un taux de conversion en rente plus avantageux que ce qu’on obtient aujourd’hui. Les abandonner pour un PER peut coûter cher en rente future. Si la sortie en capital ne vous intéresse pas et que vous visez un complément de revenu régulier, conserver garde du sens. Pour un objectif de transmission plutôt que de rente, l’assurance-vie reste souvent un meilleur outil que n’importe quel produit retraite.

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Le piège des petites rentes

Une rente viagère inférieure à 110 € par mois, soit environ 1 320 € par an, peut être convertie en capital. Attention : c’est une simple faculté de l’assureur, pas un droit. Transférer un Article 83 sur sa part obligatoire ne débloque jamais la sortie en capital, qui reste réservée aux versements facultatifs.

La bonne décision dépend donc moins du produit que de votre objectif : revenu garanti à vie, capital disponible, ou transmission. Aucune réponse unique ne vaut pour tous les contrats.

Ce qui change en 2026 pour l’épargne retraite

Deux évolutions touchent directement les détenteurs d’anciens contrats, souvent plus âgés que la moyenne des épargnants. Elles méritent une vérification avant le prochain versement.

Fin de la déduction des versements après 70 ans

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir du 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles. En contrepartie, la fraction correspondante sortie en capital échappe à l’impôt sur le revenu. Pour un détenteur âgé d’un vieux PERP, continuer à verser pour défiscaliser n’a donc plus d’intérêt fiscal à l’entrée.

Le report des plafonds porté à cinq ans

La loi de finances 2026 allonge la durée de report des plafonds non utilisés. Pour les droits nés à compter de 2026, le reliquat se reporte sur cinq ans au lieu de trois. Les plafonds des années antérieures restent soumis à la règle des trois ans. Concrètement, cela laisse plus de marge pour lisser de gros versements sur plusieurs exercices.

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Le réflexe à avoir

Avant de verser, ouvrez votre dernier avis d’imposition et lisez la ligne « Plafond épargne retraite ». Vous y voyez votre plafond disponible, reliquats inclus. Tout versement se déclare ensuite dans les cases 6RS à 6RU de la déclaration, faute de quoi l’avantage est perdu.

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Questions fréquentes

Peut-on encore ouvrir un PERP ou un contrat Madelin en 2026 ?

Non. Ces produits ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020. Seul le PER se souscrit désormais. Les contrats ouverts avant cette date restent valables et peuvent encore être alimentés.

La défiscalisation de l’épargne retraite est-elle une réduction d’impôt ?

Non, sauf le PERCO. Pour le PERP, le Madelin ou l’Article 83, il s’agit d’une déduction du revenu imposable. L’économie réelle dépend de votre tranche : un versement de 1 000 € rapporte 300 € à 30 % de TMI, contre zéro pour un foyer non imposable.

Peut-on récupérer un PERP en capital ?

Partiellement. La sortie se fait en rente viagère, avec au maximum 20 % en capital. Deux exceptions permettent 100 % en capital : l’achat d’une première résidence principale, ou une rente mensuelle trop faible, sous 110 €.

Le PERCO permet-il vraiment de défiscaliser ?

Pas par déduction. Les sommes y entrent déjà exonérées d’impôt sur le revenu (intéressement, participation, abondement). À la sortie en capital, elles restent exonérées, seules les plus-values subissent les prélèvements sociaux de 17,2 %.

Faut-il transférer son ancien contrat vers un PER ?

Cela dépend. Le PER offre la sortie en capital et une transmission souple. Mais un vieux contrat peut garantir un taux de rente ancien plus favorable, qu’un transfert ferait perdre. Comparez les frais et les garanties avant de décider.

Les informations présentées sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Consultez un professionnel avant tout investissement.