Calculer son impôt sur le revenu en 2026 répond toujours à la même mécanique : un revenu net imposable (ce qui reste après l’abattement de 10 % et certaines déductions), divisé par le quotient familial (le nombre de parts du foyer), puis soumis au barème progressif à 5 tranches, et corrigé par la décote et les éventuels crédits d’impôt. La loi de finances 2026 a revalorisé les seuils de +0,9 %, sans toucher à la structure. Les tranches, la formule et les exemples qui suivent collent à l’article 4 de la LOI n° 2026-103 du 19 février 2026.
L’objectif de cette page : donner la méthode officielle, pas un raccourci. Les trois pièges que l’on retrouve dans la plupart des estimations rapides sont identifiables une fois la mécanique comprise. Vous trouverez le barème exact, des exemples chiffrés à l’euro près, et les corrections (décote, plafonnement du quotient familial, seuil de recouvrement) qui font diverger l’impôt théorique de celui qui figure sur l’avis. Si vous cherchez la photo d’ensemble de l’impôt sur le revenu, le guide mère couvre les notions périphériques.
Méthode officielle, chiffres LF 2026, exemples chiffrés à l’euro près.
La méthode officielle de calcul en 4 étapes
L’administration fiscale suit une séquence identique pour tous les foyers, codifiée à l’article 197 du CGI. Quatre étapes, dans cet ordre précis, mènent du salaire brut à l’impôt figurant sur l’avis. Sauter ou inverser une étape donne un résultat faux, parfois de plusieurs centaines d’euros.
Étape 1 : déterminer le revenu net imposable
Le calcul ne part jamais du salaire brut ni du net à payer. Il part du revenu net imposable, c’est-à-dire ce que retient l’administration après application de l’abattement automatique de 10 % pour frais professionnels sur les salaires et les pensions.
Cet abattement est encadré : un plancher de 509 € par membre du foyer, un plafond de 14 555 € pour les salaires et de 4 449 € pour les pensions. À partir d’environ 145 550 € de salaire brut annuel, le plafond se déclenche et l’option des frais réels devient souvent plus avantageuse.
Une fois cet abattement appliqué, vous soustrayez les charges déductibles (pensions alimentaires versées, versements sur un PER, certaines cotisations sociales) pour obtenir le revenu net global. C’est ce montant, et lui seul, qui entre dans le calcul. Le préremplissage de la déclaration affiche déjà la plupart de ces lignes, mais ne contrôle pas leur cohérence si vous oubliez un revenu.
Le salaire brut figure sur le contrat. Le net à payer est ce que vous recevez. Le net imposable, distinct des deux, apparaît en bas de fiche de paie et inclut la CSG non déductible. Sur l’année, c’est lui que reprend la déclaration, et lui qui sert de base avant l’abattement de 10 %.
Étape 2 : appliquer le quotient familial
Le quotient familial est le nombre de parts attribué au foyer selon sa composition. Une personne seule compte pour 1 part, un couple marié ou pacsé pour 2 parts. Chaque enfant à charge ajoute 0,5 part pour les deux premiers, puis 1 part entière à partir du troisième.
Concrètement, l’administration divise le revenu net imposable par ce nombre de parts. C’est sur ce revenu par part que le barème va s’appliquer, tranche par tranche. Pour un couple à 60 000 € avec 2 parts, le calcul démarre donc sur 30 000 € et non sur 60 000 €. C’est ce mécanisme qui crée l’avantage fiscal des familles, mais cet avantage est plafonné (voir plus bas). Pour le détail des situations particulières, consultez la fiche dédiée au quotient familial.
L’étape 3 multiplie l’impôt obtenu par part par le nombre de parts, pour reconstituer l’impôt brut du foyer. L’étape 4 retranche les corrections automatiques (décote) puis les réductions et crédits d’impôt déclarés. Le résultat final est l’impôt net à payer.
Le barème progressif 2026, tranche par tranche
Le barème progressif repose sur 5 tranches successives, chacune assortie d’un taux qui ne s’applique qu’à la fraction de revenu qu’elle couvre. C’est la confusion la plus répandue : être « dans la tranche à 30 % » ne signifie jamais payer 30 % sur l’ensemble du revenu. Pour la lecture complète du barème impôt sur le revenu et le détail des tranches d’imposition, des pages dédiées approfondissent chaque seuil.
| Tranche | Revenu par part | Taux marginal |
|---|---|---|
| 1 | Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| 2 | De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| 3 | De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| 4 | De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| 5 | Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Lire le barème sans tomber dans le piège du taux unique
Le taux marginal d’imposition, ou TMI, désigne le taux qui s’applique à votre dernière tranche de revenus, pas à votre revenu entier. Une personne en TMI à 30 % paie 0 % sur ses premiers 11 600 €, puis 11 % sur la fraction suivante, puis 30 % seulement sur la part qui dépasse 29 580 €.
Le taux moyen, qui figure aussi sur l’avis, est plus parlant pour mesurer la charge réelle. Il correspond à l’impôt total divisé par le revenu imposable. Pour 30 000 € de revenu net imposable à 1 part, le TMI est de 30 % mais le taux moyen est d’environ 7 %. La différence entre ces deux indicateurs explique pourquoi un même contribuable peut se sentir « lourdement imposé » tout en versant proportionnellement peu. Pour le détail du taux marginal d’imposition, une fiche dédiée précise ses usages pour les dispositifs de défiscalisation.
Cette distinction conditionne l’utilité réelle des dispositifs de réduction. Un versement sur un PER avec un TMI à 30 % rapporte 300 € d’économie pour 1 000 € versés. Avec un TMI à 11 %, le même versement n’économise que 110 €. C’est la TMI qui pilote la rentabilité fiscale, pas le taux moyen.
Le détail du calcul tranche par tranche, exemple chiffré
Prenons un célibataire avec un revenu net imposable de 30 000 € et 1 part. Le calcul s’opère ainsi : 11 600 € à 0 % donne 0 €. La fraction comprise entre 11 600 € et 29 579 €, soit 17 979 €, est imposée à 11 % et produit 1 977,69 €. La fraction comprise entre 29 580 € et 30 000 €, soit 421 €, est imposée à 30 % et produit 126,30 €.
L’impôt brut par part atteint donc 2 104 €. Avec 1 part, c’est aussi l’impôt brut du foyer. Aucune décote ne s’applique ici (le seuil de déclenchement est plus bas), et en l’absence de réductions, ces 2 104 € deviennent l’impôt net à payer. Le taux moyen ressort à 7 %, alors que la TMI est de 30 %.
Pour un couple sans enfant à 60 000 € de revenu net imposable, le calcul reproduit le précédent : 60 000 € divisé par 2 parts égale 30 000 € par part, donc 2 104 € d’impôt par part, multipliés par 2 parts, soit 4 208 € d’impôt brut. Le quotient familial ne change donc rien si la composition du foyer est neutre en parts (un couple marié sans enfant a un revenu par part identique à un célibataire au même revenu). C’est avec les enfants ou les situations particulières que la mécanique devient déterminante.
Outil indicatif basé sur le barème officiel LF 2026.
Les corrections après barème : décote, plafonnement, recouvrement
L’impôt obtenu après application du barème n’est pas l’impôt final. Trois mécanismes interviennent ensuite et peuvent modifier sensiblement le montant à payer, parfois de plusieurs milliers d’euros. Ce sont eux qui expliquent la majorité des écarts entre la formule rapide et le résultat de l’avis officiel.
La décote, le mécanisme qui efface les petits impôts
La décote est une réduction automatique appliquée aux foyers dont l’impôt brut reste modeste. Elle ne se déclare pas, l’administration la calcule seule. La formule officielle est : décote = 897 € − 45,25 % de l’impôt brut pour une personne seule, ou 1 483 € − 45,25 % de l’impôt brut pour un couple soumis à imposition commune.
Concrètement, la décote s’enclenche tant que l’impôt brut reste sous environ 1 982 € (célibataire) ou 3 277 € (couple). Au-delà, le résultat de la formule devient négatif et la décote vaut zéro. Exemple : un célibataire avec 1 500 € d’impôt brut bénéficie d’une décote de 897 − (0,4525 × 1 500) = 218 €. Son impôt net descend à 1 282 €.
S’y ajoute le seuil de mise en recouvrement de l’article 1657 du CGI : les cotisations initiales d’impôt sur le revenu inférieures à 61 € ne sont pas réclamées. Un impôt calculé à 58 € après décote n’est donc pas mis en recouvrement, mais 61 € ou plus le sont intégralement.
Le plafonnement du quotient familial
L’avantage tiré du quotient familial est plafonné pour éviter que les foyers à hauts revenus tirent un bénéfice excessif des parts supplémentaires. Le plafond 2026 est de 1 807 € par demi-part au-delà des parts de base, et 904 € par quart de part. Pour un couple avec deux enfants (3 parts au total, soit 2 demi-parts en plus), l’avantage maximal est de 2 × 1 807 = 3 614 €.
Le mécanisme se déclenche en pratique à partir d’environ 90 000 € de revenu net imposable pour un foyer avec 1 enfant, ou 120 000 € avec 2 enfants. L’administration calcule alors l’impôt deux fois : avec le nombre réel de parts, et avec le nombre de parts de base (1 ou 2). Si l’écart dépasse le plafond, elle reprend la différence.
Couple + 2 enfants à 80 000 € de revenu net imposable : impôt avec QF complet de 4 972 €, impôt sans enfants de 10 208 €. L’économie brute est de 5 236 €, mais le plafond bloque à 3 614 €. L’État reprend les 1 622 € excédentaires et l’impôt final ressort à 6 594 €. Les simulateurs grand public ratent souvent cet ajustement.
D’autres plafonds spécifiques existent : 4 262 € pour le parent isolé au titre de son premier enfant, 2 131 € par demi-part en cas de garde alternée, 3 608 € pour les anciens combattants. Ces régimes dérogatoires modifient le calcul sans en changer la logique.
Méthode rapide et exemples concrets
Une fois la mécanique comprise, une formule rapide donne l’impôt brut à l’euro près, à condition d’être hors plafonnement du quotient familial et hors décote. Elle se fonde sur le revenu imposable R et le nombre de parts N. Pour une vue alternative, voir aussi la fiche dédiée au calcul rapide impôts.
La formule rapide par tranche
Le principe consiste à diviser le revenu imposable par le nombre de parts pour identifier la tranche, puis à appliquer la formule correspondante à R complet. Chaque formule intègre les seuils des tranches précédentes via une soustraction.
Tranche 11 % (R/N entre 11 601 € et 29 579 €) : impôt = (R × 0,11) − (1 276 € × N). Tranche 30 % (R/N entre 29 580 € et 84 577 €) : impôt = (R × 0,30) − (6 891,80 € × N). Tranche 41 % (R/N entre 84 578 € et 181 917 €) : impôt = (R × 0,41) − (16 195,27 € × N). Tranche 45 % : impôt = (R × 0,45) − (23 471,95 € × N).
Cette formule donne l’impôt brut, donc avant décote et avant plafonnement du quotient familial. Pour un revenu modeste susceptible de décote, ou un foyer avec plusieurs enfants à revenu élevé, repassez par la méthode complète. Pour une estimation cadrée, la estimation impôt revenu et la simulation impôt sur le revenu traitent les cas particuliers.
Trois cas chiffrés à comparer
Cas 1 : Célibataire, 28 000 € de revenu net imposable, 1 part. R/N = 28 000 €, donc tranche 11 %. Formule : (28 000 × 0,11) − 1 276 = 1 804 €. Comme l’impôt brut est sous 1 982 €, la décote s’applique : 897 − (0,4525 × 1 804) = 81 €. Impôt net : 1 804 − 81 = 1 723 €. Taux moyen : 6,2 %.
Cas 2 : Couple sans enfant, 70 000 € de revenu net imposable, 2 parts. R/N = 35 000 €, donc tranche 30 %. Formule : (70 000 × 0,30) − (6 891,80 × 2) = 21 000 − 13 783,60 = 7 216 €. Pas de décote (seuil dépassé), pas d’enfants, pas de plafonnement. Impôt net : 7 216 €. Taux moyen : 10,3 %.
Cas 3 : Couple avec 2 enfants, 95 000 € de revenu net imposable, 3 parts. R/N = 31 666 €, tranche 30 %. Formule : (95 000 × 0,30) − (6 891,80 × 3) = 28 500 − 20 675,40 = 7 825 €. Sans les enfants, l’impôt serait de (95 000 × 0,30) − (6 891,80 × 2) = 14 716 €. L’avantage QF brut serait de 6 891 €, plafonné à 3 614 €. Donc reprise de 3 277 € : impôt final = 7 825 + 3 277 = 11 102 €. La part de l’impôt dans le revenu ressort à 11,7 %.
Cas particuliers, plafonnement, décote, revenus exceptionnels : un calcul complet plutôt qu’une formule rapide.
Questions fréquentes
Comment calculer rapidement son impôt sur le revenu en 2026 ?
Divisez votre revenu net imposable R par votre nombre de parts N pour identifier la tranche. Pour la tranche 11 %, l’impôt brut vaut (R × 0,11) − (1 276 × N). Pour la tranche 30 %, (R × 0,30) − (6 891,80 × N). Le résultat est l’impôt brut avant décote et avant plafonnement du quotient familial.
Quelle différence entre TMI et taux moyen d’imposition ?
La TMI est le taux applicable à la dernière tranche de votre revenu, pas à l’ensemble. Le taux moyen est l’impôt total divisé par le revenu imposable. Un célibataire à 30 000 € a une TMI de 30 % mais un taux moyen autour de 7 %. La TMI sert à mesurer le gain d’un dispositif de réduction, le taux moyen mesure la charge réelle.
Pourquoi le prélèvement à la source ne correspond pas toujours à l’impôt final ?
Le prélèvement à la source applique un taux calculé sur la dernière déclaration connue, donc sur des revenus N−1 ou N−2. Si vos revenus ont augmenté, le PAS est insuffisant et un solde apparaît. S’ils ont baissé, vous obtenez un remboursement. La régularisation intervient en septembre suivant la déclaration de mai. Au-delà de 300 €, le solde est échelonné de septembre à décembre.
À partir de quel revenu paie-t-on de l’impôt en 2026 ?
Un célibataire entre dans l’impôt à partir d’environ 17 593 € de revenu net imposable annuel, soit environ 19 550 € de salaire imposable brut une fois l’abattement de 10 % réintégré. Sous ce seuil, la décote efface l’impôt ou le maintient sous les 61 € non recouvrés. Un couple sans enfant entre dans l’impôt vers 32 800 € de revenu net imposable.
Le calcul prend-il en compte les réductions et crédits d’impôt ?
Pas dans le calcul du barème. Les réductions (Jeanbrun, dons, SOFICA) et les crédits (emploi à domicile, garde d’enfant) sont appliqués après obtention de l’impôt brut, à l’étape 4. Une réduction n’agit que si vous avez un impôt à réduire ; un crédit peut générer un remboursement si son montant dépasse l’impôt dû. L’ordre des opérations conditionne donc l’utilité de chaque dispositif.
Les chiffres et plafonds présentés correspondent à la LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 (loi de finances pour 2026) applicable aux revenus 2025. Les informations sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé.