Droits de succession 2026 : barème, abattements, calcul

Quand une personne décède, l’État prélève un impôt sur ce que reçoit chaque héritier : les droits de succession. Cet impôt ne frappe pas le patrimoine total du défunt, mais la part nette transmise à chaque bénéficiaire, après déduction des dettes et d’un abattement (une franchise, c’est-à-dire une somme totalement exonérée). Le résultat dépend donc autant du montant hérité que du lien de parenté.

La mécanique tient en deux temps : on retire d’abord l’abattement de la part reçue, puis on applique un barème progressif (des taux croissants par tranche) sur ce qui dépasse. Bonne nouvelle pour beaucoup de familles : le conjoint survivant ne paie rien, et la majorité des héritages en ligne directe restent dans une tranche modérée. Ce guide détaille le barème 2026, les abattements par héritier, le calcul pas à pas et les leviers légaux pour réduire la note.

Abattement enfant
100 000 €
par enfant et par parent
Barème direct
5 à 45 %
selon la tranche
Conjoint
0 €
exonération totale
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Droits de succession : ce que c’est et qui doit les payer

Les droits de succession sont l’impôt versé à l’État par les héritiers en contrepartie de la transmission du patrimoine d’une personne décédée. Ils relèvent des droits de mutation à titre gratuit, codifiés aux articles 777 à 779 du Code général des impôts. Tout le monde ne les paie pas : certains héritiers en sont exonérés d’office.

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En clair

Un héritage de 180 000 € ne déclenche pas un impôt sur 180 000 €. On enlève d’abord l’abattement (par exemple 100 000 € pour un enfant), puis on taxe seulement les 80 000 € restants, tranche par tranche.

Droits de succession ou frais de notaire : ne pas confondre

Ce que les familles appellent les frais de notaire regroupe en réalité trois postes distincts. Les droits de succession, versés au Trésor public, en représentent l’essentiel sur les patrimoines importants. Les émoluments du notaire, encadrés par un tarif réglementé, ne pèsent qu’une part minoritaire du total. Restent les débours, c’est-à-dire les frais de formalités avancés par l’étude (documents administratifs, publicité foncière).

La distinction compte : seuls les droits de succession s’optimisent réellement, et toujours en amont du décès. Le détail chiffré figure dans notre barème des frais de succession.

Sur quelle base l’impôt se calcule-t-il ?

L’impôt porte sur l’actif net taxable, soit la valeur des biens du défunt diminuée de ses dettes (emprunts en cours, impôts dus, frais funéraires dans une limite forfaitaire). Cet actif net est ensuite réparti entre les héritiers selon les règles du Code civil ou le testament.

Les dettes du défunt viennent en déduction, ce qui réduit l’actif taxable. Sont notamment admis les emprunts non remboursés, les impôts restant dus et les frais funéraires, retenus pour un forfait de 1 500 € sans justificatif. Plus le passif est élevé, plus la base imposable diminue.

Point essentiel : le calcul se fait part par part, jamais sur le patrimoine global. Chaque héritier applique son propre abattement et son propre barème sur ce qu’il reçoit. Une succession partagée entre trois enfants sera donc bien moins taxée que la même somme léguée à un seul. Cette logique individuelle s’inscrit dans la fiscalité du patrimoine au sens large, aux côtés de l’impôt sur la fortune ou des plus-values.

Les héritiers totalement exonérés

Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant et le partenaire de PACS échappent intégralement aux droits de succession (article 796-0 bis du CGI). Aucune durée de mariage ou de PACS n’est exigée, aucun plafond ne s’applique. Un couple uni depuis six mois bénéficie de la même exonération qu’un couple marié depuis quarante ans.

Bon à savoir

Cette exonération ne vaut pas pour les concubins, traités comme des tiers et taxés à 60 %. Vivre ensemble sans mariage ni PACS expose donc à la fiscalité successorale la plus lourde.

Un frère ou une sœur peut aussi être exonéré, sous trois conditions strictes de l’article 796-0 ter : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé, avoir plus de 50 ans ou être infirme, et avoir vécu avec le défunt durant les cinq années précédant le décès.

Les abattements : la part reçue sans aucun impôt

Avant tout calcul, chaque héritier retranche de sa part un abattement personnel, qui dépend du lien de parenté. C’est la première ligne de défense contre l’impôt. Ces montants sont gelés jusqu’au 31 décembre 2028 et ne suivent plus l’inflation depuis 2012, ce qui érode lentement leur valeur réelle.

Le barème des abattements par lien de parenté

Plus le lien avec le défunt est proche, plus l’abattement est élevé. En ligne directe (entre parents et enfants), il atteint son maximum. Il chute fortement dès qu’on s’éloigne du noyau familial.

Lien avec le défuntAbattement succession 2026
Enfant, parent (ligne directe)100 000 €
Petit-enfant1 594 €
Frère ou sœur15 932 €
Neveu ou nièce7 967 €
Autre héritier, concubin, tiers1 594 €

L’abattement de 100 000 € s’apprécie par parent et par enfant. Un enfant dont les deux parents décèdent successivement bénéficie donc de deux fois 100 000 €. À l’inverse, un petit-enfant qui hérite directement n’a droit qu’à 1 594 €, sauf en cas de représentation de son parent prédécédé.

Les abattements spéciaux et la nouveauté 2026

Une personne en situation de handicap, dans l’impossibilité de travailler normalement, ajoute un abattement de 159 325 € (article 779-II). Il se cumule avec l’abattement lié au lien de parenté. Un enfant handicapé peut ainsi recevoir 259 325 € sans droits.

La loi de finances 2026 n’a modifié ni les taux ni les abattements en ligne directe. Sa seule nouveauté concerne les familles recomposées : un beau-fils ou une belle-fille non adopté, mais élevé par le défunt, bénéficie désormais d’un abattement de 15 932 €. Une avancée ciblée, qui reste loin des 100 000 € d’un enfant biologique.

Le barème progressif : calculer l’impôt sur la part taxable

Une fois l’abattement déduit, le solde subit un barème progressif par tranches. Chaque tranche supporte son propre taux, exactement comme pour l’impôt sur le revenu. La part taxable ne bascule jamais entièrement dans le taux le plus haut.

Part taxable (ligne directe)Taux
Jusqu’à 8 072 €5 %
De 8 072 à 12 109 €10 %
De 12 109 à 15 932 €15 %
De 15 932 à 552 324 €20 %
De 552 324 à 902 838 €30 %
De 902 838 à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Le calcul étape par étape, sur un exemple

Reprenons un enfant qui hérite de 180 000 € de son père. Après l’abattement de 100 000 €, la part taxable tombe à 80 000 €. Le barème s’applique alors tranche par tranche : 5 % sur les premiers 8 072 €, 10 % sur la tranche suivante, 15 % sur la troisième, puis 20 % sur le reste.

Le total des droits ressort à environ 14 194 €. Rapporté aux 180 000 € reçus, le taux réel n’est que de 7,9 %. La majorité des successions en ligne directe restent ainsi dans la tranche à 20 %. Il faut hériter de plus de 652 324 € par enfant pour seulement commencer à toucher la tranche à 30 %.

Hors ligne directe : la fiscalité grimpe vite

Pour les collatéraux et les tiers (toute personne hors ligne directe), les taux explosent. Entre frères et sœurs, le barème n’a que deux tranches : 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % au-delà. Les neveux et nièces, comme les parents jusqu’au 4e degré, sont taxés à 55 %. Pour tout autre héritier ou un concubin, le taux unique atteint 60 %.

Un frère héritant de 100 000 € le mesure vite. Après l’abattement de 15 932 €, sa base taxable atteint 84 068 €. Le calcul donne 35 % sur les premiers 24 430 €, puis 45 % sur le reste, soit des droits d’environ 35 388 €. Plus du tiers de la somme part en impôt, contre moins de 8 % pour un enfant. Cette dureté justifie d’anticiper la transmission bien avant le décès, comme le détaille notre guide pour transmettre son patrimoine en limitant les droits.

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Réduire légalement les droits de succession

Une fois le décès survenu, les droits ne se négocient pas. Tous les leviers se jouent en amont, du vivant du défunt. Trois familles d’outils existent : donner par avance, loger une partie du patrimoine dans l’assurance-vie, et organiser la transmission par des montages juridiques.

Donner de son vivant et purger l’abattement tous les 15 ans

L’abattement de 100 000 € par enfant ne sert pas qu’à la succession : il s’applique aussi aux donations. Mieux, il se reconstitue tous les 15 ans. Un parent peut donner 100 000 € à chaque enfant en franchise, attendre 15 ans, recommencer. Cette règle du rappel fiscal additionne toutes les donations des 15 dernières années pour vérifier le solde d’abattement disponible.

S’y ajoute le don familial de somme d’argent (article 790 G) : 31 865 € exonérés en plus de l’abattement classique, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire plus de 18 ans. Le détail des règles figure dans notre fiche donation : le détail.

L’assurance-vie, levier hors succession

Les capitaux d’une assurance-vie échappent en grande partie aux règles successorales. Pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I), chaque bénéficiaire reçoit jusqu’à 152 500 € sans aucun droit. Au-delà, le prélèvement n’est que de 20 %, bien loin des barèmes successoraux.

Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B), l’abattement tombe à 30 500 €, global et partagé entre tous les bénéficiaires. La logique : alimenter le contrat tôt pour profiter du plafond le plus généreux par tête.

★ EN COMPLÉMENT
Donation du vivant
  • Abattement 100 000 € rechargé tous les 15 ans
  • Don familial de 31 865 € en plus
  • Fige la transmission de son vivant
  • Dessaisissement définitif du bien
OUTIL CIBLÉ
Assurance-vie
  • 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans
  • Capital disponible jusqu’au décès
  • Bénéficiaire libre, hors part réservataire
  • Plafond réduit à 30 500 € après 70 ans

Les deux outils ne s’opposent pas : ils se cumulent dans une stratégie patrimoniale cohérente, l’un pour transmettre des biens, l’autre pour des capitaux.

Démembrement, donation-partage et pacte Dutreil

Le démembrement consiste à séparer la nue-propriété (la propriété des murs, sans le droit d’en percevoir les revenus) de l’usufruit (le droit d’utiliser le bien et d’en tirer les loyers). Donner la seule nue-propriété coûte moins cher en droits, car sa valeur fiscale dépend de l’âge du donateur, selon le barème de l’article 669 du CGI.

Entre 61 et 70 ans, l’usufruit vaut 40 % de la valeur du bien, la nue-propriété 60 %. Un parent de 65 ans qui donne la nue-propriété d’un bien de 300 000 € ne transmet fiscalement que 180 000 €. Au décès, l’usufruit s’éteint et l’enfant récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires. Notre guide sur le démembrement de propriété en détaille chaque tranche d’âge.

La donation-partage répartit les biens entre les héritiers du vivant du donateur, en figeant les valeurs au jour de l’acte. Elle prévient les conflits ultérieurs. Enfin, le pacte Dutreil (article 787 B) exonère 75 % de la valeur des titres d’une entreprise transmise, sous engagement de conservation. Un outil décisif pour les chefs d’entreprise.

Déclarer et payer la succession

La fiscalité ne s’arrête pas au calcul. Encore faut-il déclarer la succession dans les délais et régler les droits, sous peine de pénalités. Les héritiers restent solidaires de cette obligation.

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Attention au délai

La déclaration et le paiement doivent intervenir dans les 6 mois suivant le décès (12 mois si le décès a lieu à l’étranger). Au-delà, l’administration applique un intérêt de retard de 0,2 % par mois et une majoration de 10 %.

Qui déclare, et qui en est dispensé

La déclaration incombe aux héritiers, le plus souvent via le notaire chargé du règlement. Une dispense existe pour les petites successions : aucune déclaration n’est exigée en ligne directe ou pour le conjoint si l’actif brut reste inférieur à 50 000 € et qu’aucune donation antérieure n’a échappé à l’enregistrement. Pour les autres héritiers, le seuil de dispense tombe à 3 000 €. Le rôle exact de chacun est précisé dans notre fiche qui fait la déclaration de succession aux impôts.

Payer en plusieurs fois

Quand les droits sont lourds, l’administration admet un étalement. Le paiement fractionné répartit la dette sur plusieurs versements, en général sur un an. Le paiement différé, réservé à certains cas comme la transmission d’une entreprise ou la nue-propriété d’un bien, repousse l’échéance. Ces facilités supposent en principe des garanties et des intérêts, mais évitent de devoir vendre un bien dans l’urgence.

L’évaluation des biens conditionne tout le calcul. Sous-estimer un immeuble pour réduire les droits expose à un redressement, avec intérêts et pénalités. La résidence principale du défunt bénéficie d’un abattement de 20 % sur sa valeur lorsqu’elle reste occupée par le conjoint, le partenaire de PACS ou un enfant. Le notaire sécurise ces évaluations et la répartition entre héritiers.

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Questions fréquentes

Le conjoint paie-t-il des droits de succession ?

Non. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, sans condition de durée ni de montant. Les concubins, eux, sont taxés à 60 %.

Quel abattement pour un enfant en 2026 ?

Chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent. Cet abattement vaut aussi pour les donations et se reconstitue tous les 15 ans. Il reste gelé jusqu’au 31 décembre 2028.

Comment calculer rapidement les droits de succession ?

Retirez l’abattement de la part reçue, puis appliquez le barème par tranches sur le solde. Pour un enfant héritant de 180 000 €, la part taxable est de 80 000 € et les droits avoisinent 14 194 €, soit 7,9 % du total.

Peut-on échapper totalement aux droits de succession ?

Pas après le décès, mais on les réduit fortement en anticipant : donations échelonnées tous les 15 ans, assurance-vie alimentée avant 70 ans, démembrement et pacte Dutreil. Le conjoint, lui, est exonéré d’office.

Que se passe-t-il en cas de retard de déclaration ?

Au-delà des 6 mois, l’administration applique un intérêt de retard de 0,2 % par mois, porté d’une majoration de 10 % après un premier rappel resté sans suite. Un paiement fractionné peut être demandé pour étaler la dette.

Les droits de succession s’imbriquent dans une stratégie patrimoniale plus large, aux côtés de l’IFI 2026 ou de la fiscalité des plus-values immobilières. La règle vaut dans tous les cas : la transmission se prépare des années à l’avance, jamais dans l’urgence du décès.

Les informations présentées sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Consultez un professionnel avant toute opération de transmission.