LMNP 2026 : statut, fiscalité et amortissement

La location meublée non professionnelle reste, en 2026, le régime fiscal immobilier le plus utilisé par les particuliers. Le LMNP désigne le statut d’un particulier qui loue un logement meublé sans en faire son métier. Sa force tient à un mécanisme simple : déduire l’usure comptable du bien pour effacer l’impôt sur les loyers pendant des années.

Les réformes récentes ont semé la confusion. Le statut n’a pas disparu, contrairement aux rumeurs entourant le budget. Mais deux changements pèsent sur le calcul. La fiscalité à la revente s’est durcie. Et les loyers meublés ont basculé à un taux de prélèvements sociaux supérieur. Ce guide reprend l’ensemble du régime de la location meublée, du choix du régime d’imposition jusqu’à la sortie. Il distingue ce qui relève du LMNP de ce qui revient à la location nue.

Seuil LMP
23 000 €
de recettes annuelles
Abattement micro
50 %
meublé longue durée
Prélèv. sociaux
18,6 %
sur les loyers depuis 2026
★ GUIDE INDÉPENDANT
Micro-BIC ou réel : lequel pour votre bien ?

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Le statut LMNP : ce que recouvre la location meublée non professionnelle

Avant d’entrer dans la fiscalité, il faut poser le cadre. Le LMNP n’est pas un dispositif temporaire soumis à un zonage ou à des plafonds de loyers comme l’était la loi Pinel. C’est un régime de droit commun qui découle de la nature commerciale de la location meublée.

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En clair

Un loueur en meublé non professionnel est un particulier qui loue un logement équipé pour être habité immédiatement. Ses loyers ne sont pas des revenus fonciers : ils relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), la catégorie fiscale des revenus commerciaux. Cette nature commerciale ouvre l’accès à l’amortissement, impossible en location nue.

Qu’est-ce qui distingue le meublé de la location nue ?

La frontière est juridique. Un logement loué nu génère des revenus fonciers, de nature civile. Un logement loué meublé génère des BIC, de nature commerciale. Cette distinction commande tout le traitement fiscal qui suit.

Pour être qualifié de meublé, le logement doit comporter le mobilier nécessaire à une occupation normale : literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, table, rangements. La liste est fixée par décret. Un logement à moitié équipé reste fiscalement nu, avec les conséquences que cela emporte sur le régime applicable.

Les deux seuils qui font basculer en LMP

Le statut reste « non professionnel » tant que vous ne franchissez pas deux seuils en même temps. Vos recettes locatives doivent rester sous 23 000 € par an, ou représenter moins de la moitié des revenus d’activité du foyer fiscal. Le fondement est l’article 155, IV du CGI.

Le point que beaucoup ratent : les deux conditions doivent être réunies en même temps. Toucher 30 000 € de loyers sur un salaire de 70 000 € ne fait pas de vous un professionnel. Les loyers restent sous la moitié de vos revenus. Au-delà des deux seuils, le passage au statut de loueur professionnel devient automatique, avec des cotisations plus lourdes et une fiscalité de plus-value différente.

Quels biens et quels loueurs sont concernés ?

Le LMNP couvre toutes les formes de location meublée. La location longue durée concerne les appartements, studios et colocations avec un bail d’un an ou un bail étudiant de neuf mois. La location saisonnière vise les meublés de tourisme et les locations de vacances. Reste enfin la location en résidence de services, étudiante, senior ou médicalisée, exploitée sous bail commercial.

Tout particulier peut adopter ce statut, sans condition de revenu ni de patrimoine. Un héritier qui meuble un appartement reçu en succession devient LMNP dès la première location. C’est cette accessibilité qui explique son succès auprès des investisseurs.

Micro-BIC ou régime réel : le cœur de la fiscalité LMNP

Tout se joue ici. Deux régimes d’imposition coexistent, et le choix conditionne votre impôt pour des années. Le tableau ci-dessous résume les seuils et abattements après la loi Le Meur de novembre 2024.

Type de locationPlafond micro-BICAbattement
Meublé longue durée77 700 € (revenus 2025) puis 83 600 €50 %
Meublé de tourisme classé / chambre d’hôtes77 700 € puis 83 600 €50 %
Meublé de tourisme non classé15 000 €30 %

Le micro-BIC : la simplicité d’un abattement forfaitaire

Le micro-BIC est le régime par défaut sous les seuils. L’administration applique un abattement, c’est-à-dire une réduction forfaitaire sur vos recettes avant le calcul de l’impôt. Vous ne déduisez aucune charge réelle : l’abattement est censé tout couvrir.

Pour un meublé longue durée, l’abattement reste de 50 %, inchangé. La loi Le Meur a en revanche durci le tourisme. Le meublé non classé tombe à 30 % d’abattement, avec un plafond de 15 000 €. Sa simplicité a un coût : si vos charges réelles dépassent l’abattement, vous payez trop. Le choix entre micro-BIC et régime réel se joue précisément sur ce point.

Le régime réel : déduire ses charges et amortir

Au régime réel, vous déduisez vos charges réelles au lieu d’un abattement, et vous amortissez le bien. Les charges déductibles sont nombreuses : intérêts d’emprunt, taxe foncière, CFE, assurance, charges de copropriété, frais de comptabilité et de gestion. La CFE est la cotisation foncière des entreprises, une taxe locale due par tout loueur meublé.

S’ajoute l’amortissement, qui transforme l’équation fiscale. Pour un bien à 200 000 €, charges et amortissement cumulés dépassent souvent les loyers, ce qui ramène le résultat imposable à zéro. La contrepartie est une comptabilité plus lourde, avec une liasse fiscale annuelle. Le choix entre passer les frais de notaire en charge immédiate ou les amortir se décide dès la première déclaration, et reste irrévocable.

OPTION A
Micro-BIC
  • Abattement de 50 % automatique
  • Aucune comptabilité, déclaration 2042-C PRO
  • Ni charges ni amortissement déductibles
★ SOUVENT PLUS RENTABLE
Régime réel
  • Charges réelles et amortissement déduits
  • Impôt souvent neutralisé pendant 8 à 12 ans
  • Comptabilité et liasse fiscale obligatoires

Comment trancher entre les deux ?

La règle tient en une phrase : le réel devient gagnant dès que vos charges, intérêts et amortissement dépassent l’abattement forfaitaire. En pratique, dès qu’un crédit finance l’achat, le réel l’emporte dans la grande majorité des cas. Les estimations sérieuses situent ce seuil autour de 85 % des situations.

Un exemple chiffre l’écart. Prenons un studio loué 9 600 € par an. Au micro-BIC, l’abattement de 50 % laisse 4 800 € imposables. Au réel, 3 000 € d’intérêts, 1 500 € de charges et 5 000 € d’amortissement effacent le loyer. Le résultat imposable tombe à zéro, contre un impôt sur 4 800 € au micro.

Le micro-BIC garde sa place pour les biens détenus sans dette, aux charges faibles, là où la simplicité prime. Faites le calcul chaque année : l’option pour le réel se reconduit, mais reste un arbitrage à revérifier quand votre situation évolue.

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L’amortissement, le levier qui efface l’impôt

C’est le mécanisme central du régime réel, et le plus mal compris. Il explique à lui seul pourquoi tant d’investisseurs choisissent le meublé plutôt que la location nue.

Le principe de l’amortissement par composants

L’amortissement consiste à déduire chaque année une fraction de la valeur du bien, comme s’il s’usait dans les comptes, sans jamais sortir d’argent. La méthode retenue est l’amortissement par composants : on découpe le bien en éléments amortis sur des durées différentes. Il démarre dès la mise en location meublée, quel que soit l’âge du logement. Un bien hérité ou détenu de longue date peut donc être amorti.

Le gros œuvre s’étale sur 50 à 80 ans, la toiture sur 25 à 30 ans. Les installations techniques courent sur 20 ans, le mobilier sur 5 à 10 ans. Le terrain, lui, ne s’amortit jamais : il faut isoler sa valeur, de 10 % en zone rurale à 30 % à Paris. Sur un appartement de 200 000 € hors terrain, la déduction annuelle avoisine souvent 5 000 à 8 000 €.

Le plafonnement et les amortissements différés

L’amortissement ne peut pas creuser de déficit. L’article 39 C du CGI le plafonne au résultat avant amortissement. Concrètement, un amortissement calculé à 7 500 € sera limité à 4 000 € si le résultat avant amortissement n’atteint que ce montant.

Le surplus n’est pas perdu. Il devient un amortissement réputé différé, conservé sans aucune limite de temps et utilisable sur les bénéfices futurs. À distinguer du déficit reportable, qui naît des seules charges dépassant les loyers. Ce déficit BIC ne s’impute que sur les bénéfices LMNP, pendant 10 ans. C’est l’empilement des deux mécanismes qui neutralise l’impôt sur la durée.

Revente et plus-value : la réforme 2025 change la donne

Pendant des années, le LMNP offrait un avantage rare. On amortissait le bien pour effacer l’impôt sur les loyers, sans payer la facture à la revente. La loi de finances 2025 a refermé cette parenthèse. En jeu, la plus-value, soit le gain réalisé entre le prix d’achat et le prix de revente.

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Le piège de sortie

Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans la plus-value imposable à la revente. Le fondement est l’article 84 de la loi n° 2025-127. Plus vous avez amorti, plus votre gain taxable grimpe. Sur 15 à 20 ans de détention, l’impact peut dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros.

La réintégration des amortissements dans la plus-value

Le principe est simple. À la vente, les amortissements pratiqués viennent diminuer le prix d’acquisition retenu, ce qui gonfle la plus-value imposable. Un bien acheté 200 000 € et amorti de 60 000 € est traité comme s’il avait coûté 140 000 €.

L’arbitrage se déplace donc vers l’horizon de revente. La réforme de 2025 sur les amortissements ne pénalise pas l’entrée dans le régime réel, mais la sortie. Le mobilier, lui, échappe à cette réintégration.

Comment se calcule la plus-value LMNP ?

La plus-value en LMNP suit le régime des plus-values immobilières des particuliers, pas celui des professionnels. Le taux combine 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention.

Ces abattements aboutissent à une exonération totale d’impôt après 22 ans de détention, et de prélèvements sociaux après 30 ans. La détention longue reste donc la meilleure parade. Plus vous conservez le bien, plus la base taxable fond, ce qui compense en partie la réintégration des amortissements.

Les exceptions : résidences de services et transmission

Tous les biens ne sont pas logés à la même enseigne. Les résidences de services exploitées sous bail commercial, qu’elles soient étudiantes, seniors ou médicalisées, échappent à la réintégration des amortissements. Elles conservent l’ancienne mécanique, plus favorable à la revente.

Bonne nouvelle pour la transmission

La réintégration ne s’applique ni aux donations ni aux successions. Transmettre un bien LMNP à ses enfants purge les amortissements antérieurs. La valeur retenue est celle au jour de la transmission, sans rattrapage de l’impôt de sortie.

Ces exceptions changent la stratégie patrimoniale. Un investisseur qui vise la transmission plutôt que la revente conserve l’intérêt plein de l’amortissement, sans la pénalité de 2025.

Prélèvements sociaux et obligations déclaratives 2026

Deux dernières évolutions méritent attention pour 2026 : une hausse silencieuse des prélèvements sociaux, et des obligations déclaratives qui dépendent de votre régime.

Pourquoi vos loyers LMNP passent à 18,6 %

La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a relevé la CSG de 1,4 point. Les prélèvements sociaux regroupent la CSG, la CRDS et le prélèvement de solidarité, prélevés en plus de l’impôt sur le revenu. Leur taux passe ainsi de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital.

La nuance est décisive et mal connue. La hausse épargne explicitement les revenus fonciers et les plus-values immobilières, qui restent à 17,2 %. Mais les loyers meublés, taxés en BIC et non en revenus fonciers, entrent dans le champ de la hausse. Ils supportent désormais 18,6 %, dès les revenus 2025. À l’inverse, la plus-value de revente d’un bien LMNP, traitée comme une plus-value immobilière, reste à 17,2 %.

Déclarer ses revenus LMNP

La déclaration dépend du régime. Au micro-BIC, vous reportez le montant brut de vos recettes sur la déclaration complémentaire 2042-C PRO : l’administration applique l’abattement seule. Aucune comptabilité n’est exigée.

Au régime réel, le formalisme s’alourdit. Vous produisez une liasse fiscale avec les formulaires 2031 et 2033, qui détaillent le résultat, les charges et le tableau d’amortissement. La déclaration des revenus LMNP au réel justifie souvent le recours à un comptable spécialisé, dont les honoraires sont eux-mêmes déductibles.

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Questions fréquentes

Le statut LMNP existe-t-il encore en 2026 ?

Oui. Le statut est maintenu et reste accessible à tout acquéreur de bien meublé. Le budget 2026 a écarté les amendements qui visaient à plafonner l’amortissement. Seules deux choses ont été durcies : la fiscalité à la revente et le micro-BIC des meublés de tourisme non classés.

Micro-BIC ou régime réel, lequel choisir ?

Le régime réel l’emporte dès que vos charges, intérêts d’emprunt et amortissement dépassent l’abattement forfaitaire. C’est le cas dans environ 85 % des situations, surtout avec un crédit en cours. Le micro-BIC garde son intérêt pour un bien sans dette, aux charges faibles, où la simplicité prime.

L’amortissement peut-il créer un déficit ?

Non. L’article 39 C du CGI plafonne l’amortissement au résultat avant amortissement : il ramène l’impôt à zéro mais ne génère pas de déficit. La part non déduite n’est pas perdue, elle est reportée sans limite de durée sur les bénéfices des années suivantes.

Que change la réforme de 2025 à la revente ?

Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value, ce qui augmente l’impôt de sortie. Les résidences de services sous bail commercial, ainsi que les donations et successions, restent exonérées de cette réintégration.

Les loyers LMNP sont-ils à 17,2 % ou 18,6 % de prélèvements sociaux ?

Les loyers meublés relèvent des BIC et supportent désormais 18,6 % depuis la loi de financement de la Sécurité sociale 2026. La plus-value de revente, traitée comme une plus-value immobilière, reste à 17,2 %, tout comme les loyers de la location nue.

Les informations présentées sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé. Consultez un professionnel avant tout investissement.